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Pour nous la vie continue, pourtant lorsque un être cher part, nous
voudrions le suivre et arrêter de vivre.
Lorsque le soir nous nous couchons, la dernière pensée est celle-ci : "si
seulement nous n'avions plus besoin de se réveiller." Le matin on constate
qu'on a un autre jour devant nous qu'on doit recevoir. Il est devenu très
vivant ce verset de la Bible : "pour chaque jour tu
auras la force (Deut. 33:25, traduction libre du finnois.)"
La volonté de Dieu a été que notre vie continue. Deux ans ont déjà passés.
La volonté de Dieu est au-delà de notre compréhension.
Quand nous croyons que Sa volonté et ses oeuvres sont sans erreurs et que
tout est planifié d'avance pour un but bien précis même si nous ne pouvons
pas le comprendre pour l'instant, cela nous donne la force de continuer et
croire. Nous n'avons pas besoin d'avantage, car demain ne viendra peut-être
pas. "Ne vous inquietez donc pas du lendemain, car le
lendemain aura soin de lui même. A chaque jour suffit sa peine" (Mat. 6,34).
Nous continuons et nous arrivons, mais ce n'est pas facile, on ne nous à pas
non plus promis une vie facile, mais on nous a promis :
"Je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin
du monde" (Mat. 28,20).

Le deuil:
Pour la perte de toutes personnes proches on doit faire ce qui est appelé le deuil.
Qu'est-ce que cela veut dire dans la pratique ? On dit qu'il y a plusieurs étapes;
le choc, le refus, les pleurs, la solitude, la culpabilité, l'amertume etc.
Chacun de nous vit ces étapes mais peut-être pas dans le même ordre. On ne
peut pas dire non plus que le dueil dure un an ou deux. Le deuil dure
certainement toute la vie, de même que la joie. Nous pleurons notre être cher
qui n'est pas à l'instant même auprès de nous, il nous manque. C'est tout à fait
naturel, on n'a pas besoin de le cacher. On doit parler de lui. On doit pouvoir
penser à lui, il est ainsi présent dans notre foyer et dans chaque jour de notre
vie. Nous l'avons nous même expérimenté. Parler de Timothée, se rappeler de lui,
c'est en effet la meilleure chose que peuvent nous offrir les autres. Quand
quelqu'un raconte quelques anecdotes, ou parle de lui, c'est pour nous comme
un cadeau du ciel.
Si nous pouvons ensemble à le pleurer, c'est là ce qui nous console le plus.
Malheureusement nous avons constater que beaucoup ne veulent pas parler
de lui. C'est comme si les gens évitaient le sujet, refusaient de faire part
de leurs sentiments, raconter leur propre tristesse, ayant peur des sentiments
des parents. Pourquoi ? La mort fait partie de la vie. Celui qui meurt ne cesse
pas de vivre. Il est toujours présent pour nous, dans nos souvenirs
et dans nos pensées. Pour nous il continue sa vie, mais dans une autre forme,
dans un autre lieu. Nous croyons qu'il continue sa vie dans la Maison Céleste.
Là-bas, tous ses voeux sont comblés et là-bas il n'y a pas de maladies ni de
soucis. Tous ceci nous console et nous croyons que nous recevons la consolation
comme la Bible le promet; la vie éternelle. Nous pouvons pleurer, Jésus aussi a
pleuré. Et quand nous pleurons devant Lui,
Il nous console. Pour Jésus ce n'est pas un tabou de parler
de la mort, parcequ'Il a vaincu la mort.
Une soeur très sage (Françoise) nous a dit : "Pleurez car vos
larmes peuvent être une source de bénédicion pour les autres."
Le psalmiste a dit : "Receuille mes larmes dans ton outre,
ne sont-elles pas inscrites dans ton livre ?" (Ps. 56:8).
Nous ne demandons jamais à Dieu d'enlever le chagrin de notre coeur,
ni la peine, ils sont une partis de nous maintenant, mais nous lui demandons
de nous aider à vivre avec ça et de le changer en bénédiction.
Il est préférable de chasser tout de suite la culpabilité et l'ammertume.
Ils détruisent notre esprit et toute notre vie. C'est la faute de qui ? On
peut toujours dire : "Si on avait fait ceci ou cela." On aurait peut-être pu
le faire, les médecins auraient pu, les prières auraient pu, la foi aurait pu.
Mais cependant, tous était dans le plan de Dieu. Nous voulons accepter toutes
choses comme venant de la main de Dieu. Alors nous avons l'esprit tranquille,
nous savons que c'était pour notre bien. Alors nous arrivons jusqu'a remercier
Dieu et être joyeux. Cela peut sembler un cliché religieux, mais nous vous
assurons, que c'est certainement vrai, c'est ça vivre par la foi, la confiance
à Sa toute puissance parfaite. Tous ceci nous l'avons vécu et nous pouvons
constater comme Job :
"Mon oreille avait entendu parler de toi, mais maintenant
mon oeil t'as vu." (Job 42,5)
D'où la consolation:
Au milieu de tous ces épreuves nous nous sentons malgré tout seuls et perdus,
puisque par nature nous dépendons les uns des autres.
Pour les personnes qui ont perdu un membre de leur famille, l'église organise
des groupes de discussion. Malheureusement, dans notre région il n'y a pas de
tels groupes pour les parents ayant perdu leur enfant. Le deuil n'est-il pas
pareil pour tout le monde ? Pas du tout, le deuil a plusieurs faces. Il est different
de perdre sa mère agée que son jeune enfant, je peux le
témoigner, parce que j'ai vécu les deux récemment. C'est avec les personnes
qui ont vécus la même chose que l'on peut mieux faire le deuil. C'est pourquoi
il devrait y avoir plus de groupes thérapeutiques.
On nous a offert, un an après la mort de notre enfant, un week-end, près de
Oulu, pour les parents qui avaient perdus un enfant. Ce week-end était organisé
par SYLVA (association fondée en 1982 par les parents des enfants malades du
cancer) et le service des enfants malade du cancer de l'Hôpital Universitaire de Oulu.
Le week-end était gratuit pour les parents. Le lieu était agréable, on nous
a choyé et nous avons pu parler de nos enfants et de nos expériences avec des
professionels et "spécialistes" (tous ceux qui ont vécu le même chagrin.)
Malgré tout, l'aide des personnes proches est le plus important. Ne pas laissez
les parents seuls même s'ils se mettent en retrait. Dans notre culture, les
personnes qui sont en dueil sont souvent laissées seules; on les laisse en
"paix", juste au moment où ils ont le plus besoin de la présence de quelqu'un.
Les jours suivants le décès, on vient témoigner ses condoléances, apporter des
fleurs, cartes ou on téléphone. Ensuite vient les obsèques, où on fait les
embrassades, on console. C'est tout à fait bien. Mais ensuite la vie reprend
son cours et commence un grand silence et une profonde solitude. Le courrier n'apporte
plus de messages consolants, personne
ne rend visite. Certains evitent même ceux qui sont en deuil, ils ne savent
pas quoi dire. Pas besoin de parler, seulement être présent,
prendre part au chagrin. Cette expression utilisée en Finlande : "je prends
part" est si bien dit. On ne peut pas diviser la peine, ni ôter une partie,
mais on peut y avoir des moments de partage avec une autre personne. La Bible
ne dit-elle pas : "Réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent, pleurez
avec ceux qui pleurent." (Rom. 12.5)

Les obsèques:
J'ai souvent pensé, que si un jour mon enfant mourrait, je ne pourrais pas,
je ne supporterais pas de l'enterrer.
Quand ce moment est arrivé il a fallut l'endurer. Timothée est mort à la maison,
nous étions auprès de lui. Ensuite sont arrivées l'infirmière à domicile et ma
soeur, qui nous ont aidées dans l'organisation; les pompes funèbres, l'acquisition
du cerceuil etc. Nous avons fait nos adieux à notre cher enfant, mis dans le
cerceuil et le fermer jusqu'au jour de la résurrection. Comment peut-on supporter
une telle épreuve ? C'était humainement impossible, mais quand nous avons chanté
debout près du cercueil les chansons préférées de Timothée, nous avons reçu
d'en haut une telle force, que l'esprit humain ne peut pas comprendre. Quand
nous avons chanté :
"Dieu est là, Dieu est là, Dieu est là pour nous bénir
et pour nous consoler", une paix profonde est descendue dans nos coeur.
Ma soeur et nos amis se sont occupés des dispositions pratiques de l'enterrement
et du service, mais nous avons nous mêmes choisi les chansons et le programme.
Les obsèques ont été célébré dans la propre église de Timothée, où étaient
venus pour l'accompagner à son dernier voyage une grande quantité de parents;
de Finlande, de France, de la Martinique et des amis de différentes
nationalités, races, et religions. Tous les continents étaient représentés;
l'Europe, l'Amerique, l'Afrique, l'Asie et l'Australie. C'était des amis de
Timothée et il était aimé de tous. C'est pourquoi il est resté comme testament
de la part de Timothée cette chanson que nous avons chanté : "Père
Céleste, protège et béni l'Afrique, les pays d'Amérique, l'Europe, l'Australie,
la grande Asie, béni le monde entier, béni le monde entier." Timothée priait
toujours pour les enfants du monde entier et pleurait devant leurs
souffrances.
Les obsèques n'étaient en rien une triste cérémonie, mais un moment de joie;
on a célébré la fin du voyage du petit pèlerin, son arrivé à la Ville Dorée.
Quand nous avons descendu le cerceuil dans sa tombe, une petite brise a soufflé
sur la tombe et un petit oiseau a commencé son chant de louange à l'Eternel.

La tombe:
Timothée a été enterré avec son grand-père et sa grande-mère dans la même
tombe, dans les bras de l'un et l'autre en attendant l'appel de l'Agneau qui
viendra libérer aussi leur corps des chaines de la mort.
Nous allons souvent sur la tombe, c'est un lieu de souvenir et une marque
d'honneur pour ceux qui nous ont devancés et gardés leur foi. On y va aussi
pour trouver la consolation et la paix de l'esprit; cela peut être très
thérapeutique, il n'y a pas à minimiser son importance.
Les souvenirs:
Se débarasser des affaires du bien-aimé est très personnel. On doit pas
faire de pression, ni donner des conseils dans ce domaine. Nous même nous
n'avons pas pu encore se séparer des affaires de Timothée. Après son enterrement,
nous avons emmené quelques jeux et cassettes vidéos au service des enfants malades
du cancer. Cela aurait été certainement la volonté de Timothée. A ses amis
nous avons donné quelques jouets et des vêtements en souvenir. Autrement,
sa chambre est toujours pareille et elle est devenue un lieu, où il est
agréable de bricoler et de faire son travail. Les enfants peuvent y venir
jouer et se rappeler leur petit copain.
La vie devant nous:
Nous devons maintenant continuer la vie aussi normalement que possible. Nous
allons au travail, à l'église et rencontrons nos amis. Le dicton dit :
"la vie continue", on ne peut pas mieux dire. Nous gardons notre place
dans la société; notre maison est agréable, le jardin rempli de fleurs. Nous
suivons les évènements dans le monde et avons quelques loisirs. Nous vivons
comme toutes personnes équilibrées. Cependant il nous manque quelque chose.
Nous avons souvent comparé cela avec une amputation; comme si on avait amputé
une partie de notre coeur. Nous ne savons pas se réjouir et prendre plaisir
entièrement, tout est comme voilé par un sentiment de tristesse. On doit s'y
habituer et l'accepter comme faisant partie de notre vie.
Il y a une raison à tous cela, de même que à tous ce que la vie nous apporte.
Nous nous demandons toujours : "quelle est la raison pour laquelle
notre enfant a tant souffert ?" C'est incomprehensible, mais il y a une raison
et un jour elle nous sera dévoilée. Certainement que Timothée la connait déjà.
Dieu a attiré vers lui des gens à travers de cette épreuve. Peut-être que les
prières ont portées du fruit et qu'un jour nous les verrons.
Ce qui nous fait aller en avant c'est de croire que bientôt nous reverrons notre
petit chéri. Comme Abraham a cru que son fils allait lui être rendu, de même nous
aussi nous avons donné notre enfant à Dieu sachant qu'à la résurrection, nous
allons le retrouver et pour l'éternité.
Dieu veut que nous aidons à porter le fardeau des autres. Notre tâche est d'aider et de
consoler ceux qui sont dans les difficultés. Nous nous sentons privilégiés, parce
qu'il nous a été permis de vivre une telle expérience de grâce et d'amour. C'est
dans son amour que Dieu a agit ainsi. C'est dans son amour que Dieu a pris notre
enfant pour le garder en sécurité.
Nous n'avons jamais ressenti auparavant et aussi fortement la présence de Dieu.
Dieu est avec nous quotidiennement, Il est dans tous, partout où nous sommes,
dans tous ce que nous faisons. Comment refuser alors de partager ce don gratuit
avec les autres.
Nous ne voulons pas changer un jour de notre vécu, cette richesse, cet amour.
Timothée lui-même a dit un jour : "je suis reconnaissant
de cette maladie, sans quoi je ne serais jamais arrivé aussi près de Dieu."
Grâce à ce privilège, nous sommes prêt d'aider ceux qui sont dans la souffrance.
Si votre enfant est malade, ou mort ou autrement si vous êtes dans une situation
difficile de la vie, si vous avez besoin de réconfort ou de prière, si vous avez
besoin de vider votre coeur, ou besoin de consolation, nous sommes là. Et avant
tous, Dieu est là, Il entend et Il aide.
"Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, le
Père des miséricordes et le Père de toute consolation, qui nous console dans
toutes nos afflictions, afin que, par la consolation dont nous sommes l'objet
de la part de Dieu, nous puissons consoler ceux qui se trouvent dans quelque
affliction !" (2 Cor. 1: 2,3)
Au moment d'écrire ce texte, voici que notre amour d'enfant est au Ciel depuis
deux ans. C'est difficile de se rappeler et de décrire les différentes phases
par lesquelles nous sommes passés. Décrire la souffrance, l'angoisse, la peur,
ces espoirs et désespoirs. Le plus difficile est de décrire cette souffrance
que notre enfant a supporté pendant ces neufs mois avant de recevoir paix et
repos parfait dans les bras de son Redempteur. C'est pénible aussi de décrire
le moment de son départ et la tristesse de cette séparation. Pourquoi donc
l'écrivons nous ? Pourquoi ne laissons nous pas le temps faire son travail et
guérir les blessures ? Au contraire nous les réouvrons, en remémorant ces moments
de souffrances. Premièrement, c'est parce que nous le devons à Timothée. Nous
voulons raconter la lutte et la patience d'un petit garçon devant une atroce
maladie. Et avant tous, sa confiance et sa foi en Dieu. De l'amour qu'il avait
témoigné toute sa vie pour Jésus et qui la conduit de la mort à la vie éternelle.
Par ce témoignage, nous voulons dire à tous, qu'il n'existe pas d'oppression ou
souffrance au milieu duquelle Dieu ne puisse pas consoler. A travers de toutes
ces épreuves Dieu se glorifie.

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